[Nr. 1] Forcé au pardon

[Nr. 1] Forcé au pardon
Musikbox

Il posa sa main sur ma cuisse, cela faisait quelques minutes seulement que la chanson avait pris fin et il restait encore en moi une partie d'elle... Cette mélodie... Les mots fuyaient ma bouche et mes cordes vocales étaient incapables d'émettre le moindre son. Son regard chocolat me parcouru toute entière alors que j'étais figée, totalement... Un mot gâcherait cette magie et elle risquait d'être perdue à jamais. Je ne m'étais pas rendue compte qu'elle avait déjà disparue.



De cette magie, il ne restait en moi qu'un souvenir, un vide...



Sa main n'avait pas bougé, alors que sa bouche formait un rictus indescriptible comme s'il essayait de dire quelque chose, mais qu'aucun mot n'était à la hauteur... Bien sûr qu'aucun ne l'était... Un tumulte de questions m'envahit, toutes sans aucun sens, sans aucune réponse tant qu'aucun mot ne serait prononcé...




Lui : Tu n'aurais pas dû me mentir...

Moi : Je sais, mais je n'avais pas d'autre échappatoire, nous n'en avions pas...

Lui : Peut-être, mais tu n'aurais pas dû... Seulement, je suis incapable de t'en vouloir... Incapable...




Je déteste ce ton de regret, de culpabilité... Il ne me pardonnait pas... Il n'avait plus ce regard bienveillant et confiant qui transperçait son visage auparavant...



Rien.



L'erreur n'était pas réparée, j'étais condamnée à m'en vouloir parce que Lui n'était pas capable de le faire... J'étais sa défaillance, sa faille... Je ne méritais pas son amour et encore moins sa peine... Je venais de me condamner parce que je savais que sa confiance s'était envolée par ma faute...



Il se leva et retira sa main de ma cuisse. Il me tourna le dos quelques secondes, le temps de remettre sa guitare sur son portant. Ce répit me donna le temps de m'enfuir...




Pardonnes-moi, je t'en supplie... Ou alors oublies-moi...



Je ne supporterais plus tes mains sur mon corps nu et encore moins tes yeux amoureux dans les miens...




Tom, je t'ai trompé.
Pourtant mon c½ur est tien...
Ce n'est pas rien, tu sais.
Et toi, tu ne dis rien...





Tage geh'n vorbei // Les jours passent
Ohne da zu sein // Sans être là
Alles war so gut // Tout était si bien
Alles ich und du // Tout, toi et moi
Geh [x2] // Pars

Wir ham nichts falsch gemacht // Nous n'avons rien fait de faux
Die ganze Zeit gedacht // Tout le temps penser
So könnt es weiter geh'n // Que ca pourrait continuer ainsi
Alles andere werden wir sehen // Tout le reste, on vera
Geh [x2]

[REFRAIN]
Geh, lass uns hinter dir und mir // Pars, laisse Nous derrière toi et moi
Versuch nicht zu verstehen // N'essaie pas de comprendre
Warum es nicht mehr geht // Pourquoi ça ne va plus
Geh, versuch uns beide zu verlier'n // Pars, essaie de nous perdre tous les deux
Für uns wirds erst weitergehen // Pour nous ça continuera
Wenn wir uns nicht mehr sehen // Si nous ne nous voyons plus
Geh [x2]


Geh, tus für dich und mich // Pars, fais le pour toi et moi
Ich könnt es nicht // Je ne le pourrais pas
Ich hätte nicht den Mut // Je n'aurais pas le courage
Alles ich und du // Tout, moi et toi
Geh [x2]

Tage gehn vorbei // Les jours passent
Ohne da zu sein // Sans être là
Deine Spuren führ´n zu mir // Tes traces me guident
Soweit weg von dir // Loin de toi
Geh [x2]

[REFRAIN]

Ich brech das Licht // Je brise la lumière
Die Schatten falln auf mich // Les ombres tombent sur moi
Ich seh uns nicht // Je ne Nous vois pas
Alle Schatten falln auf mich // Toutes les ombres tombent sur moi
Auf mich // Sur moi
Schatten falln auf mich // Les ombres tombent sur moi

Tage gehn vorbei // Les jours passent
Ohne da zu sein // Sans être là

Das ist alles was uns bleibt // C'est tout ce qui reste de nous

Wenn du gehst // Si tu pars
Wenn du jetz gehst // Si tu pars maintenant
Versuch nich zu verstehn // N'essaie pas de comprendre
Warum es nich mehr geht // Pourquoi ça ne va plus

[REFRAIN]

Tage gehn vorbei // Les jours passent
Ohne da zu sein // Sans être là


Bleib ! // Reste !

# Posté le jeudi 07 février 2008 16:20

Modifié le mercredi 13 février 2008 17:04

[Nr. 2]Notre "Rendez-Vous"

[Nr. 2]Notre "Rendez-Vous"
Paroles en Allemand.
Paroles en Français.

Je traversai la rue en courant, la pluie dévalant le long de mes joues, y faisant certainement dégouliner le noir qui cernait mes yeux. J'étais en retard, une fois de plus, Lisa n'allait pas être contente. Je lui avais promis de faire un effort, mais ce n'est pas de ma faute si Paris est une ville aussi grande et au réseau de métro si compliqué ! Du moins, il l'était pour une jeune fille de province comme moi. Paris me faisait peur sans Elle, même si d'autre part, je l'enviais de vivre continuellement dans ce tumulte d'individus, de rencontres, d'activités...

Je l'aperçu, au coin de la rue que je remontais, parapluie en main et montre sous les yeux, à taper du pied pour jouer les impatientes. Elle était belle, bien maquillée, bien habillée, comme à son habitude : tout était toujours impeccable chez Elle. Je me demandai à quoi je devais ressembler. Quelle idée d'avoir oublié le parapluie à Metz ! Pourtant, en tant que Messine de souche, je devrais toujours en avoir un sur moi ! Mais que voulez-vous, je suis une éternelle tête en l'air ! Enfin, tout ça pour vous dire qu'à cet instant, je devais avoir l'air d'un chien mouillé et que mes cheveux n'allaient pas tarder à retrouver leur forme naturelle. Autrement dit, dans quelques minutes, mes cheveux seront tellement frisés qu'on comprendra le sens de l'expression « avoir une choucroute sur la tête ».


Lisa :
Tu as vingt-cinq minutes et environ trente-cinq secondes de retard !
Moi, gênée :
Je me suis perdue dans le métro...
Lisa :
Mais ça fait TROIS ans que tu viens au moins une fois par mois ! Je ne comprends pas pourquoi tu n'investis pas dans un plan du réseau ! Ca existe, tu sais !
Moi :
Pourtant, j'ai l'impression de connaître le chemin...
Lisa :
Ouais, l'impression seulement ! Allez, viens, on rentre. Il faut que tu te changes avant que je ne t'emmène à notre « rendez-vous ».


Elle me fit monter le grand, ou devrais-je dire « immense » escalier tournant de son immeuble en courant tant son excitation était grande. Allez savoir pourquoi ! Cette fille, ma meilleure amie depuis un certain temps déjà, ne devait pas se souvenir que l'endurance et moi ne sommes pas synonymes. De plus, mon jean mouillé était loin d'arranger les choses. Pourtant, malgré les apparences, Elle avait décidé de me chouchouter et je dois avouer que ce n'était pas pour me déplaire ! Ses lèvres se posèrent furtivement sur ma joue et je me jetai gracieusement sur Elle pour lui faire un câlin. Ca faisait deux interminables semaines que je n'avais pas eu l'occasion de La serrer dans mes bras ! Elle relâcha l'étreinte, me poussa du bout du doigt, en toute bonne dominante qu'Elle est, vers la salle de bain et me fit un clin d'½il significatif avant de refermer la porte. Elle dehors, moi dedans.

J'observai cette salle de bain exiguë ou trônaient les produits de mon hôte, quelques uns à son colocataire et enfin une partie m'appartenant. Après tout, ici, c'était ma deuxième résidence officielle. Même si j'aurais donné n'importe quoi pour qu'elle devienne mon unique et vivre chaque jour auprès d'Elle, les études avant tout, on me l'a toujours dit et répété... Je retirai difficilement ces habits qui me collaient à la peau et me faufilai sous le jet d'eau bouillante. Je n'eus que cinq bonnes minutes pour me frotter de gel douche à la noix de coco et me laver les cheveux. Je m'enveloppai alors d'une grosse serviette moelleuse grise que je lui avais offerte, me frottai un court instant, avant que de m'habiller, de me maquiller et de sortir de la pièce embuée.

Lisa :
Tu es super rapide pour une fois !
Moi :
Y'avait plus d'eau chaude...
Lisa, malicieusement :
Arf', James a du faire des cochonneries avec Josh sous la douche, comme toujours !

James, son colocataire homosexuel, alias notre grand frère. Si je devais le décrire brièvement, je dirai : sexy, fêtard, toujours de bonne humeur, éternel optimiste et un grand blagueur. Avec Lisa, on avait une fâcheuse tendance à lui raconter tous nos déboires amoureux, ce qui le faisait toujours mourir de rire. Au moins, chez nous la déprime n'existe pas. Enfin, elle n'existe pas lorsque nous sommes ensembles, parce que dans l'Est, le climat était tout autre...

Lisa me prit par la main et m'entraina dans le dédale des rues parisiennes. Je n'avais toujours aucune idée de notre destination. Elle me passa les mains devant les yeux pour me cacher la vue. La seule chose que je réussis à percevoir fut un bruit vague de casseroles qui s'entrechoquent. Lorsqu'elle les retira, je me trouvais dans une pièce immense, décorée de lustres dorés ou en cristal et entourée de murs blancs. Quel était cet endroit, certes somptueux, mais où je n'avais absolument pas ma place ? Des serveurs se hâtaient autour de nous, ne nous prêtant aucune attention. Tous étaient revêtus de tenues certainement chics mais d'un goût incertain.


Moi :
Lisa, on est où ?
Lisa :
Attends, notre « rendez-vous » n'est pas arrivé !


Elle interrogea l'un des serveurs qu'elle semblait connaître et m'emmena dans un coin de la pièce, à l'abri des regards, avant de me tendre un sac en tissu contenant l'un de ces accoutrements étranges qui devaient valoir une fortune. Je l'interrogeai du regard...

Lisa :
Oui, il faut que t'enfiles ça en vitesse !
Moi :
Attends, ne me dis pas que je suis venue ici pour faire le service ?!
Lisa :
C'est une diversion, donc oui on va servir en attendant que notre « rendez-vous » arrive !

Je m'exécutai, renonçant à toutes les questions qui me trottaient dans la tête, sachant pertinemment que je n'aurai aucun renseignement sur ce mystérieux « rendez-vous ». Le serveur revint et parla à Lisa, très bas, de tout manière, ca faisait un moment que je savais que Lisa adorait me surprendre. Elle appelait toujours ses cibles, ses « rendez-vous » et refusait de me mettre dans la confidence jusqu'à ce que je sois en face de lui. Cela pouvait être un mec qu'Elle trouvait hideux, ou bien un Johnny Depp en moins marié ou encore une vieille connaissance.

Lisa :
Allez, suis-moi ! « Rendez-vous » est ici...


Elle me fit pénétrer dans la salle adjacente, calepin en main, habillées telles des serveuses de grands restaurants et Elle me dirigea vers un coin un peu en retrait. Des rideaux noirs l'entouraient, certainement quelqu'un d'important pour avoir ce qui devait être le carré VIP. Je commençais vraiment à me demander qui se trouvait derrière. Elle se plaça devant moi, prit les deux morceaux de tissu entre ses mains, me fit un sourire digne des meilleures publicités de dentifrices et nous y fit entrer...

Personne...


Ce n'est que quelques minutes après, alors que je n'attendais plus personne, que des éclats de rire raisonnèrent en provenance des toilettes et que quatre têtes que nous ne connaissions que trop bien, nous apparurent. Elle n'avait pas pu me faire ça, pas Eux... Mon rêve, leur musique, leur charisme... J'avais grandi avec Eux, rêvé d'Eux, pleuré pour et à cause d'Eux... Ils m'avaient aidé à combattre la pression, à m'échapper des situations les plus horribles en chantant et jouant leur musique... Leur musique... Elle me tira par le poignet pour que je me ressaisisse, ce soir, j'étais « Diane la serveuse » et me préparais faussement à prendre leur commande. Je vis du coin de l'½il Lisa en faire de même en lissant doucement une serviette sur son avant-bras. Ils avaient l'air impressionné par notre sérieux...

________________________TEIL ZWEI_______________________________________________
Paroles en Allemand.
Paroles en Français.



Nous :
Hallo.
Bill :
Sprechen Sie Deutsch oder ?
Moi : Ja, natürlich.
Tom :
Excusez-nous d'être en retard, mais Georg a peur d'aller aux toilettes tout seul ! (rire)
Georg :
Na ja, toi tu as peur du noir donc tais-toi !
Tom :
Et c'est pour ça que les jolies demoiselles veulent toujours me raccompagner dans ma chambre, pour pas que j'ai peur !
Gustav :
C'est elles qui devraient avoir peur !
Bill :
En attendant les gars, c'est à elles que vous faites peur ! dit-il en nous montrant du doigt.

Nous rîmes toutes les deux de bon coeur. Après deux ans sans concert et interviews, aucun d'entre eux n'avaient changé. Sauf peut-être Gustav qui avait l'air d'être plus sûr de lui et je dois dire que ça lui allait plutôt bien ! Sexy le jeune ! Auparavant, j'avais déjà une préférence au sein du groupe et je dois dire qu'aujourd'hui encore, malgré le changement de Gustav, c'était toujours Lui qui captait mon regard. Si souriant et sombre à la fois. Moins innocent, mais toujours aussi charismatique... J'étais cadette de deux ans, ildevait avoir 23 ans aujourd'hui. Gott sie sind so schön !

Lisa :
Dou ? Et oh, Dou ! DIANE ! Tu es encore dans la lune !
Moi :
Oups, désolée... Tut mir Leid !
Bill :
Laisses, heu... Diane c'est ça ? C'est pas grave.


Je lui souris, mon nom dans sa bouche était un cadeau merveilleux. Il commença à me dicter de sa voix mélodieuse, leur commande que je notais soigneusement. Lorsque j'eus fini de tout écrire, l'homme à la crinière corbeau surnaturelle me sourit à son tour, de son visage mi-angélique, mi-diabolique. J'aurais pu hurler de joie et faire l'hystérique, pourtant je n'arrivais pas à voir en Eux des stars internationales. Ils avaient presque notre âge à Lisa et moi, ils étaient comme nous, jeunes et cons. Je pris la main de Lisa dans la mienne et l'entraînai dans la salle des serveurs...

Moi :
Lisa, reprends-toi ! On a une commande à faire.
Lisa :
Ah... heu oui !
Moi :
Alors lequel te fait cet effet ?
Lisa : ...
Moi :
Je le savais !

Je lisais dans ses yeux comme dans un livre ouvert. Elle était moi, Elle est moi et je suis Elle. L'homonyme l'une de l'autre. J'observais comment procédaient les serveurs pour les commandes et les imitai. Je recopiai soigneusement leurs plats et plaçai le papier sur le tableau du chef de cuisine. Puis, j'entraînai sLisa qui rêvassait toujours, vers le bar pour préparer les boissons. Ce soir, ils voulaient de l'alcool et des pâtes à la bolognaise. Vraiment, ils n'avaient pas changé ! Je m'affairai à chercher les composantes des cocktails, pendant que Lisa s'énervait contre un cuisinier qui refusait de préparer des pâtes. Elle régla vite le problème en lui expliquant qui avaient commandé ce plats et le brave homme repartit penaud. Je rappelai alors à Lisa qu'il fallait nous faire toutes petites ce soir, nous n'étions pas vraiment serveuses ici, après tout. Elle acquiesça et plaça les verres pleins sur deux plateaux. Nous leur apportâmes l'apéritif.

Moi :
Auf Ex ! [A vos exs !] Heu faites attention les gars, je ne suis vraiment pas douée en cocktail et il est possible que la proportion d'alcool soit surdimensionnée par rapport aux jus de fruits... S'il y a le moindre problème, je vous offre une tournée faite par Lisa !
Tom :
De toute façon, plus il y a d'alcool...
Bill :
... Plus c'est bon !
Gustav :
Et en plus ce soir, on a quartier libre, c'est le chauffeur qui nous ramène !
Georg :
Gustav, tu m'étonneras toujours ! Et dire que tu ne buvais jamais ! T'es devenu un vrai trou !
Lisa : Mais laissez-le boire ! En espérant qu'il survive aux cocktails de Dou, enfin Diane !
Gustav :
Merci, demoiselle !
Lisa :
De rien, jeune homme !
Moi :
Hum Lilly, le "jeune homme" est quand même plus âgé que toi...
Lisa :
Oui mais je vais pas l'appeler "vieil homme" !
Gustav :
Il ne vaut mieux pas effectivement !
Bill :
Il est excellent ce cocktail !
intervint-il, se délectant d'une gorgée de mon ½uvre.
Tom :
Tu vois Diane, mon frère est alcoolique, mais lui il est pas anonyme !
Bill :
Das ist gelogen ! Warte, il manque un truc dedans... De la grenadine !
Moi :
Oh, Scheisse, tut mir so Leid ! Je peux les refaire si vous voulez, donnez-moi vos verres.
Tom :
Tu vas quand même pas tous les refaire ! Regarde Georg a déjà fini le sien, je propose qu'en tant que poubelle de table attitrée, on lui file tous nos verres et tu nous en rapportes d'autres !
Bill :
Stop ! Je suis pas d'accord ! On garde nos verres, t'en apportes six en plus avec de la grenadine. J'ai une grosse soif !
Lisa :
Let's go ! Et six cocktails en plus, six !

J'explosai de rire, Lisa prenait vraiment son faux-job de serveuse au sérieux. Et rebelote, direction le bar. Six cocktails supplémentaires avec grenadine, des tranches de citron et même des petits parasols multicolores ! L'aboutissement de nombreuses années de soirées alcoolisées ! lorsque nous retournâmes derrière les mystérieux rideaux noirs, plateaux en main, je remarquai que deux chaises avaient été ajoutées. Ils devaient attendre quelqu'un, leurs copines ?! bill discutait en anglais avec une serveuse du restaurant. Et si elle lui disait qu'elle ne nous avait jamais vu ? Qu'elle ne nous connaissait pas ? Il revint vers nous...

Lisa :
Voilà vos cocktails !
Gustav et Bill, tirant deux chaises :
Et voilà vos sièges !
Moi :
Quoi ?
Gustav :
Venez vous asseoir, ce soir vous n'êtes plus de service !
Moi :
Mais... enfin, hum... Si ! On doit vous servir, au moins !
Bill :
Non, plus maintenant ! On vous invite !

Si je m'attendais à ça ! Je m'assis sur la chaise que Bill m'indiquait en tapotant doucement le dossier et me jetai littéralement sur le cocktail qu'il me tendait de son autre main. L'alcool me brûlait la gorge, ne m'empêchant pourtant pas de réfléchir. Si nous n'étions plus de service, cela voulait dire que Bill avait dit à la vraie serveuse que nous, fausses serveuses, passions la soirée avec Eux ? Oh Scheisse !

Moi :
Bill, est ce que tu as donné nos noms à la serveuse ?
Bill :
Hum, vos prénoms oui, pourquoi ?
Moi :
Lisa, viens on va se changer aux toilettes !

Lisa ne marchait déjà plus droit. En une gorgée, elle avait aspiré la boisson fortement alcoolisée et ses yeux commençaient à lui jouer des tours. Et tout le monde savait qu'un verre de ces boissons du diable entre ses mains, non seulement ne faisait pas long feu, mais avait, en plus, un effet immédiat. Elle se jeta sur moi pour que je l'aide à marcher droit, me fit pleins de bisous et me força à lui promettre de ne pas l'abandonner dans cet état. Je l'aidai à se changer, puis me déshabillai à mon tour avant d'enfiler mon jean et mon tee-shirt noirs de tout à l'heure. Et c'est avec difficulté que je réussis à faire comprendre à ma Lilly toute retournée que si quelqu'un posait des questions sur nous, il fallait s'enfuir le plus vite possible. Elle me regardait d'un air hébété, puis acquiesça avec lourdeur avant de se jeter sur la poignée de la porte. Un sourire puis elle retourna s'asseoir auprès de son Lui. De nouveaux cocktails avaient été déposés sur la table, alors que les plats n'étaient même pas encore arrivés. L'ambiance semblait être à la rigolade.

Tom :
Dian ! Di... hum nein Dou ! Tes cocktails me font mal à la "georg" hum nein... à la gorge !
Bill :
Tom, tu es désespérant ! Arrêtes de boire !
Georg :
Ahahah ! Tom t'es trop fort ! Oulala...
s'exclama-t-il avant que sa chaise ne bascule en arrière et qu'il ne s'étale de tout son long.

________________________TEIL DREI_______________________________________________
Paroles en Allemand.
Paroles en Français.

Tout le monde explosa de rire. Georg se relavait péniblement de son périple et rit à son tour. A trop jouer sur sa chaise, avait finit par arriver l'inévitable. Quelques heures plus tard, l'ambiance semblait s'être un peu plus détendue. Bien qu'elle le soit déjà, nous étions tous ivres et plus aucune trace de tension ou de stress n'apparaissait. Et alors qu'une nouvelle tournée de cocktails arrivait, je sentis le regard suspicieux d'un homme dans mon dos. Il était tout de noir vêtu et il nous observait presque sans cligner des yeux. Comme un prédateur surveille sa proie. Il s'approcha de nous lorsqu'il croisa mes yeux...


Homme :
Excusez-moi, vous êtes Diane et Lisa ?
Bill et Tom :
Non c'est le Pape ! XDXD
Nous :
Hum ca dépend !
Homme :
Avez-vous volé des tenues de serveuses ?
Moi, reprenant rapidement mes esprits et me retournant vers le groupe :
Oh Scheisse ! Les gars et Lisa, on y va à 3. On fait la course jusque chez Lilly. Prêts ?
Gus' :
Mais on ne sait pas où c'est !
Homme :
Je repose ma question. Avez-vous... ?
Moi :
Attendez, je leur explique un truc et je vous réponds...
Lisa :
Laissez-nous gagner qu'on vous montre la route !
Moi :
Achtung, fertig ? Los und laufen ! Je me retournai alors vers l'homme : Excusez-nous monsieur, on doit vraiment partir ! On est en retard ! Puis doucement je mis ma main dans le dos de Lilly : Cours Lisa ! Cours !

Tous le monde s'était levé précipitamment de table et était partis dans la rue. Lisa avait pris Gus' par la main et menait la course. On ne dirait pas, mais malgré son état, elle avait une sacrée endurance contrairement à moi ! Tom et Georg les suivaient de près, alors que Bill et moi étions à la traîne. L'homme nous coursait. Bill me prit par la main et me tira en avant pour me forcer à le suivre à un rythme plus rapide.

Après un certain temps de course, je vis Georg s'arrêter pour vomir près d'un lampadaire et Tom le regardait en riant. L'homme avait du arrêter de nous suivre. Plus de Lisa, ni de Gustav à l'horizon. L'homme du restaurant réapparut, Georg et Tom étaient en dehors de son champs de vision, en revanche, nous ne l'étions pas. Cette fois, j'entraînai Bill avec moi. Il restait deux pâtés de maisons à parcourir avant d'arriver chez Lisa. Mais voyant que l'homme ne nous lâchait pas les baskets, Bill me poussa dans une ruelle sombre. Il me colla au mur et avant que je n'ai eu le temps d elui demander ce qu'il faisait, il m'embrassa. Il ne devait pas comprendre ce qu'il faisait dans l'excitation créée par la situation. Nos langues dansaient ensembles, mélangeant les vapeurs d'alcool qui s'échappaient encore de nous, mais aussi nos respirations haletantes. Je le sentais sourire entre chaque baiser et je supposais que je faisais la même chose. L'homme avait du renoncer à sa recherche, nous l'avions entendu jurer lorsqu'il avait perdu notre trace et quelques minutes après ses pas se dirigeaient dans le sens inverse. Il était retourné penaud au restaurant. Ca me rassurait pour Lisa, à l'heure qu'il était, elle devait être chez elle.

Moi :
Bill, on devrait peut-être aller retrouver les autres. Je commence à avoir froid...
Bill, me tendant sa veste :
Diane, pourquoi nous avoir menti ?
Moi :
En fait, la seule chose sur laquelle nous avons menti est le fait que nous sommes serveuses. C'est faux bien sûr. Pour les détails, je dirais juste que Lisa aime me faire des surprises et que vous étiez celle de ce soir...
Bill :
Ca veut dire que tu es fan ?!
Moi :
Oui, enfin je l'étais il y a quelques années. J'écoute toujours, mais je ne suis plus une fan aussi assidue qu'auparavant. J'ai grandit.

Il me sourit et malgré le noir, je réussis à percevoir son regard coquin. Mais avant qu'il ne m'embrasse à nouveau, je l'entraînai dans la rue éclairée. Je voulais rentrer, Lilly allait s'inquiéter... En chemin, nous retrouvâmes Georg et Tom qui avaient passé leurs têtes sous une fontaine apparemment et étaient à présent ruisselant d'eau. En arrivant en haut des interminables escaliers, je frappai à la porte par courtoisie et pénétrai dans l'appartement. Lisa était à cheval sur les genoux de Gustav et l'embrassait à pleine bouche.

Moi :
HUM HUM !
Tom :
Chut tais-toi, avec un peu de chance il va y avoir de l'action !
Lisa :
T'en veux plus Tom ?
Moi :
Non Lilly, viens par là avant de faire des bêtises que tu regretteras certainement demain !

Je la reculai de Gustav, alors que Bill tenait son frère à l'écart. Tous nous nous assîmes dans les fauteuils du salon. Je devais leur expliquer, mais Lisa me prit de cours. Personne ne comprit rien à ce qu'elle disait. Je l'arrêtai alors et leur contai nos péripéties mensongères. C'est alors que James débarqua dans l'appartement suivi de près par Josh. Je les dirigeai vers la cuisine.

James :
Je peux savoir ce que font les membres du groupe Tokio Hotel dans mon salon ?
Moi :
En fait, hum je t'expliquerai plus tard. Lisa est complètement saoule et dans cet état elle serait capable de tous se les faire en même temps !

Voilà, vous savez tout. La soirée s'est finie normalement.

Le chauffeur des TH était venu les chercher à l'appartement. Lisa ne voulait plus quitter Gustav et pleurait à chaudes larmes. Moi aussi je pleurais, mais en silence. En retrait des autres. Bill m'embrassa et me glissa un papier dans la main. « Pour plus tard. » m'avait-il dit.

A l'heure où je vous explique tout cela, je suis dans le train de retour pour Metz. Lisa ne m'a même pas dit au revoir, elle ne m'a pas vu partir. Et pour une fois je ne me suis pas perdue dans le métro. James et Josh, je suis désolée pour le dérangement de cette nuit. Je pense que Lilly ne se souviendra de rien, vous savez comment elle est quand elle boit trop !

Tendres bisous à vous deux ! <3
A bientôt.
Diane.

PS (après relecture intégrale) : J'ai remarqué que j'en avais profiter pour vous complimenter un peu dans le récit de cette aventure. Moi, faillote ? J A M A I S !

PS 2 : Je garanties pas l'exactitude des dialogues, j'avais la tête un peu en vrac moi aussi ! Et vous savez bien que j'adore écrire des histoires, alors on va dire que j'ai un peu romancé tout ça pour que ça donne quelque chose ! Appelez-moi quand vous recevrez la lettre, je veux vos avis !

PS 3 : Je viens d'ouvrir le papier que Bill m'a donné hier soir : « Je veux te revoir, ce n'était pas un jeu n'est-ce pas ?! Ich bin da, wenn du willst... 06-------- <3 » Je crois que je vais l'appeler en arrivant... Ce soir...





HALLO Leute ! La troisième partie est en ligne comme vous pouvez le constater. Alors vos impressions ? Cet OS est fini. J'espère que l'histoire de Diane et Lisa vous a plu ! J'ai un OS d'écrit sur papier d'avance et deux en cours. Désolée ca me met du temps, mais j'écris par besoin, donc tout est en fonction de mon humeur. =)


PS : Encore désolée de cette attente, si vous vous ennuyez vous pouvez aller me lire LA

MERCI pour vos encouragements <3

ET MERCI à toi pour avoir eu le courage de taper <3<3


# Posté le jeudi 14 février 2008 10:03

Modifié le jeudi 08 mai 2008 15:51

[Nr. 3] Parce que c'est Elle

[Nr. 3] Parce que c'est Elle
Musikbox

Elle, c'est ma meilleure amie, depuis la maternelle. Elle qui sait absolument tout de moi. Elle si jolie, Elle que je suis pas foutu d'aimer correctement... Je voudrais lui dire tout ce que je l'aime, tout comme je voudrais capturer ses lèvres, ne serait-ce qu'une fois dans les miennes.



Juste pour goûter à Elle... Encore...




Mais j'ai peur, peur de ne pas être à sa hauteur à Elle, peur que ses yeux n'acceptent pas que mon regard chocolat les transperce, peur que sa peau refuse le contact de mes doigts... Ca fait des années que je ne dis rien à personne et des années que mon homonyme m'a découvert, lui qui sait tout de moi en permanence comme je sais tout de lui. Pourtant, Elle ne sait rien ou n'en a pas l'air. Pourquoi me demanderez vous, pour la bonne raison que pour me vacciner d'Elle, je vais voir les autres. Leur transmettre mon mal-être intérieur est loin de me soulager, mais ça leur fait plaisir et moi, ça me permet d'oublier un peu, même si je n'oublis jamais vraiment...



C'est impossible de m'imaginer sans Elle...



Bien sûr, nous avions déjà essayé par le passé de sortir ensembles, bien sûr que j'avais déjà goûté la douceur de ses lèvres et sentis le parfum de son cou... Mais nous étions jeunes, trop jeunes peut-être, pour comprendre ce qui se passait en nous et en assumer la splendeur.



Nous avions peur de nos sentiments, sans en connaître l'existence...




Si je vous raconte tout ça, c'est simplement parce que je l'ai appelé, il y a une demi-heure de cela. Je lui ai dit que je voulais lui parler de quelque chose d'important. Elle était surprise et à l'heure actuelle, Elle doit être dans le métro entrain d'angoisser en se demandant ce qui a pu m'arriver de grave. Si Elle me connaît par c½ur, alors c'est réciproque, mais malheureusement, Elle n'a pas encore conscience de mon c½ur et je n'ai pas conscience du sien...


Pour la première fois de ma vie, des papillons battent de l'aile dans mon estomac. Je suis persuadé que personne ne pourra jamais me faire ressentir à nouveau cette sensation et je souhaite que personne d'autre qu'Elle ne le fasse...


Quelqu'un frappe doucement à la porte, l'ascension vers l'entrée est l'un des moments les plus longs de ma vie. Lorsque j'ouvre, Elle me saute dessus, littéralement.



Elle : Tu es fou de m'avoir fait stresser comme ça ! Je me suis faite un sang d'encre dans le métro !
T'aurais pu me dire au téléphone ce qui t'arrive au lieu de raccro...



J'ai osé... Alors qu'Elle était à cheval sur mes jambes à taper du poing sur mon torse, en me disputant, je l'ai embrassé... Pas pour la faire taire, pas non plus pour me faire pardonner ou encore la rassurer... Non... Juste parce qu'aucun mot n'aurait été assez fort pour lui avouer quelle/qu'Elle était la couleur de mon c½ur... Ma guitare aurait pu, elle aussi... Seulement, je ne voulais aucun intermédiaire... Nous sommes Un à l'égal de mon homonyme et moi réunis.



Lui a mon âme et Elle a mon coeur...



Elle n'a pas l'air surprise, enfin pas désagréablement... Je continue, donc à faire danser sa langue avec la mienne. Elle m'allonge sur le canapé et en profite pour approfondir le baiser, si c'est possible. Je prends cela comme un 'oui', une approbation. J'en ai tellement rêvé, Elle dans mes bras... Elle plus proche qu'Elle ne l'a jamais été... Elle, ma meilleure amie...



Moi : Karine, je...
Elle : Chut, laisse moi savourer...



Elle se jette à nouveau sur moi, plus doucement cette fois. Le contact de mon piercing entre nos bouches est froid, mais ne tarde pas à se réchauffer. Entre chaque baiser, Elle sourit goulûment, je le sens, se délectant certainement de moi comme je me délecte d'Elle. Puis Elle se recule, m'observe sous toutes les coutures et me lance son regard angéliquement diabolique, avant de me tirer le t-shirt du bout des doigts... Le message est passé, comme une lettre à la Poste...



Moi : Tu ne... enfin... Tu es sûre que...



Je n'en reviens pas, c'est bien la première fois de ma vie que je refuse une invitation... Mais c'est Elle, et avec Elle, tout est différent... Elle s'est assise à l'autre bout du canapé, mimant une moue désintéressée. Elle veut s'amuser, se jouer de moi... Mais ce n'est pas un jeu, loin de là... Son regard me glace le sang, me faisant l'effet d'une avalanche d'eau froide. Elle me fixe depuis un long moment pendant lequel je n'ai pas osé bouger et soudainement, Elle me sourit à pleine dent et m'embrasse...



Elle : Je t'aime, Tom !



Je dois vraiment avoir l'air ahuri, car quelques secondes plus tard, Elle explose de rire, rejetant sa chevelure noire de jais en arrière.. J'ai douté jusqu'à la dernière minute de la sincérité de ses baisers, pour parvenir à la conclusion qu'Elle ne mentait pas, depuis le début, c'était bien plus qu'un 'oui'...




Karine c'est toute une histoire,
Elle passe sans arrêt du rouge au noir.
Son prénom à Elle est dérisoire,
Son nom est mystérieusement un espoir.


Tom n'est peut-être pas ce que l'on voie,
Imaginez-le différemment, à votre guise,
On a tous vu qu'il se déguise,
Et nous montre tout ce qu'on veut qu'il soit...


In mir
En moi
Wird es langsam kalt
Tout devient froid
Wie lang
Combien de temps
Können wir beide hier noch sein
Pourrons nous encore être ici tous les deux..
Bleib hier
Reste ici
Die Schatten wollen mich holen
Les ombres veulent m'emporter
Doch wenn wir gehen
Et si nous partons
Dann gehen wir nur zu zweit
Alors partons seulement tous les deux

Du bist alles was ich bin
Tu es tout ce que je suis
Und alles was durch meine Adern fließt
Et tout ce qui coule dans mes veines
Immer werden wir uns tragen
Nous nous soutiendrons toujours
Egal wohin wir fahren
Peu importe où nous allons
Egal wie tief
Peu importe à quelle profondeur

[REFRAIN]
Ich will da nicht allein sein
Je ne veux pas être seul ici

Lass uns gemeinsam
Restons ensembles

In die Nacht
Dans la nuit

Irgendwann wird es Zeit sein
Nous aurons le temps

Lass uns gemeinsam
Restons ensembles

In die Nacht.
Dans la nuit

Ich höre wenn du leise schreist
J'entends quand tu cries silencieusement
Spüre jeden Atemzug von dir
Je sens chacun de tes souffles
Und auch wenn das Schicksal uns zerreisst
Et même si le destin nous déchire
Egal was danach kommt, das teilen wir
Peu importe ce qui arrivera, nous partagerons cela.

[REFRAIN]

In die Nacht
Dans la nuit
Irgendwann
Quelque part
In die Nacht
Dans la nuit
Nur mit dir zusammen
Juste avec toi, ensemble

Halt mich
Tiens moi
Sonst treib ich
Sinon je dérive
Alleine in die Nacht
Seul dans la nuit

Nimm mich mit
Emmène moi
Und halt mich
Et tiens moi
Sonst treib ich
Sinon je dérive
Alleine in die Nacht
Seul dans la nuit

[REFRAIN]

Du bist alles was ich bin
Tu es tout ce que je suis
Und alles was durch meine Adern fliesst.
Et tout ce qui coule dans mes veines.

# Posté le jeudi 14 février 2008 10:05

Modifié le vendredi 22 février 2008 14:17

[Nr. 4] Juste un sourire d'Elle

Ce jour là était un jour morose par sa similitude avec les précédents. Ma lassitude face à la grisaille allemande n'avait cessé de croître ces derniers temps. Alors que je passais innocemment le coin de la rue où se trouvait mon restaurant italien préféré, mes yeux d'un brun chocolaté furent attirés par cette fille. L'apparence d'un ange, une incarnation si vous voulez, appelez-la comme vous le souhaitez, son nom n'avait d'importance que pour moi de toute manière, aussi égoïste cela-puisse-t-il paraître. Revenons-en à elle : cet ange déchu était en sanglots, vulgairement assis sur ce banc public. Ce banc où tant de fois auparavant j'étais allé m'asseoir. Jamais je ne m'étais douté du nombre de personnes qui avaient pleuré ici, ni même souri d'ailleurs. Le monde m'apparu alors comme un assemblage d'endroits habités de sentiments, d'histoires que les gens avaient inscris inconsciemment par le seul fait de leur passage.

Cette fille m'avait vraiment fait de la peine, je ne savais pas si c'était de la pitié, j'en doutais. De la compassion sûrement. Je n'en avais aucune idée. Toujours est-il que dans un élan de bonté –ou de générosité, puisque c'était le mot que j'avais choisi d'accoler à ce sentiment qui me prenait aux tripes- je décidai d'aller m'asseoir sur ce banc cinq minutes avec elle. Juste pour lui apporter un peu de baume au c½ur. La faire sourire. Oui, je rêvais de la voir sourire. Juste deux minuscules secondes, même si ce n'était qu'un bref rictus. C'était un besoin. Apporter aux gens un peu de joie. La laisser seule à se morfondre m'étais devenu inconcevable. C'était comme un défi que je lançais à moi-même. Pour une fois dans ma vie de star, j'allais apporter de l'aide à quelqu'un. Du moins, essayer. Aider. Ce verbe était devenu à sens unique, depuis quelques années. Tout le monde se pressait autour de moi, prétextant « m'apporter de l'aide » alors que dans le monde, des milliers de gens en avaient besoin milles fois plus que moi. Je n'acceptais pas le fait qu'avoir de l'argent créait des facilités dans tout. Au final, le groupe et moi n'avions plus aucun mérite, nous n'avions plus rien à conquérir. Tout nous était donné, même les filles s'offraient à nous. Pour une fois, j'allais essayer de mettre mon c½ur à l'ouvrage.

Ma main se posa sur le fer froid et gris. Elle n'esquissa même pas un signe envers moi. Je croyais quoi après tout ? Qu'elle me sourirait tout de suite ? A la demande ? Pour me faire plaisir alors que je n'étais pour elle qu'un strict inconnu ? Ou peut-être encore qu'elle reconnaitrait le « grand Tom Kaulitz » sous son déguisement ? Qu'elle se jetterait dans mes bras par la même occasion ? Non. Je n'espérais rien de tout cela. Je pensais juste qu'elle remarquerait ma présence. Je m'assis douce-ment, prenant garde de ne pas déranger la belle. Pas de doute, elle ne m'avait pas vu. Ses larmes perlaient toujours sur ses joues de porcelaine.

« Dis-moi... Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? T'aider ? »

Elle tourna majestueusement la tête vers moi, non sans un effort. Comme si le fait que quelqu'un l'ai surprise dans cette position de faiblesse la mettait mal à l'aise.

« Ce jour est gris, mes yeux sont gris et je crois que cette vision déteint sur mon c½ur »
« Tu ne voulais pas être dérangée pas vrai ? »
«Ce n'est pas comme si la présence de quelqu'un me dérangeait. En fait, la situation actuelle se résume à deux inconnus sur un banc, la fille est en larmes et le jeune homme –finalement pas si inconnu que ça- essaie de lui remonter le moral, par intérêt certainement, comme les cinq précédents. »


Les ruisseaux sur ses joues s'étaient peu à peu asséchés, laissant de fines traces reluisantes. Je me demandais si ce n'était pas la mort de quelqu'un qui était la raison de son chagrin. Si c'était le cas, je ne lui serais d'aucune aide, n'ayant jamais connu la mort. C'était cette tonalité cassante et soudainement si sûre d'elle au travers les larmes qui me confortaient dans cette idée. Elle était hostile à toute approche de toute évidence.

Ses paroles se mirent alors à raisonner dans mon esprit. Oui, j'étais peut-être égoïste d'être venu ici seulement dans l'objectif de la faire sourire et de repartir une fois la chose faite. Sans savoir qui elle était. C'était aussi ambitieux. J'étais obligé de sourire sans cesse, à longueur de journées. J'étais filmé et photographié tout le temps et parfois sans répits pendant des mois. Elle. Elle ne devait sourire que lorsqu'il y avait une raison valable. Ce devait vraiment être quelque chose de sincère et de vrai. Oui, j'étais persuadé que cela pouvait illuminer votre journée entière que de la voir étirer ses lèvres pulpeuses à l'apparence si douces.


« C'est étrange que tu m'aies reconnu, fan ? »
« Non. Et ne fais pas ce sourire si sûr de toi. Ca ne prend pas avec moi. J'aime le sincère, pas l'hypocrite. »


Elle disait tout haut ce que je pensais tout bas et cela me sidérait. Son ton de voix me blessait tout de même un peu. Mais je prenais sur moi, sa tristesse devait vraiment être grande. C'était typique : le rejet des autres du à une immense peine. Georg m'avait développé ce sujet. Ses cours de psychologie l'avaient vraiment aidé à comprendre les comportements et j'aimais sa manière de nous aider à le faire à notre tour.

« Je ne suis pas seulement triste, je suis déçue. Et oui, d'un certain point aujourd'hui est un jour de deuil. Le deuil d'une amitié... »

Et alors que de ses yeux coulèrent de nouvelles vagues noirâtres, je restai coi. Elle lisait sur mes lèvres, capturait mes pensées et obnubilait mes yeux. Malgré sa position courbée, repliée sur elle-même comme une enfant, j'admirais sa force. Sa force de caractère. Elle avait cette douceur cas-sante, cette sensibilité extirpée de ce bout d'adolescente contre son gré que je n'avais perçue chez aucune autre. Ni de mes conquêtes, ni de mes connaissances. Pourtant ce n'était pas faute d'avoir cherché.

« Tu es toujours comme ça ? »
« Tu ne cherches pas à en savoir plus ? »
« Tu ne m'as pas répondu. »
« Toi non plus. »


Je souris intérieurement. Elle s'était un peu retournée vers le carrefour voisin et semblait s'y perdre. Comme si se plonger corps et âme dans l'observation minutieuse de la vie grouillante d'Hambourg, lui éviterait de penser à son mal. Et lui éviterait de m'en parler.

Ce banc était vraiment mal orienté, pensais-je. Côté route, d'ici on respirait les gaz d'échappements et la vue était vraiment laide. Le trafic dense des rues d'Hambourg. Cette foule de stress inutile. Ce quotidien que je vivais à 5000km/h. Ce que vivait ces gens n'était rien comparé à la pression quotidienne que je subissais. Promotions. Tournées. Voyages. Pas un moment pour la famille et encore moins pour les amis. Et des amis nous n'en avions pas. Sur ce point là, je ne pouvais pas la comprendre, ni l'aider et encore moins la conseiller.

« Et c'est à ce moment là que la star s'apitoie sur son sort. »
« Ecoute, si je te dérange ou si je t'ennuie, ou les deux en même temps, dis-le moi, ok ? »
« Hm hmm. »
« Et puis tu me juge sans rien savoir de moi ! Peut-être que tu arrives à prévoir mes réactions, en revanche tu ne sais absolument RIEN d'autre de ma vie que ce que tu lis dans les magazines ! »
« J'lis pas de magazine. »

Une fois de plus, je n'avais rien à répondre. Son c½ur était certainement devenu de pierre depuis que les gouttelettes avaient cessé de s'échapper de ses yeux. Elle me faisait presque peur. Si les fines traces noires sur ses joues avaient été invisibles, oui, je crois que j'aurais eu peur. Mais au delà de cette peur, j'éprouvais pour elle une admiration distinguée. Pas une admiration comme celle que l'on me dévouait. Non une admiration fondée. Sa force, son culot. Elle était moi. Oui, moi il y a un certain temps. Depuis que j'étais devenu une célébrité adulée par une foule d'adolescentes prépubaires, un tel comportement avait du être effacé. Pourtant, il était encore là, dans les tréfonds de mon être.

Un léger vibrement se fit ressentir. Elle sursauta vivement, puis glissa sa main dans la poche de son jean pour stopper le vrombissement. Un texto apparemment. Elle lut les quelques lignes en deux temps trois mouvements et lorsqu'elle eut finis, ses yeux s'embuèrent à nouveau. Je ne savais plus ce qu'était un vrai ami. Peut-être me rappelait-elle la vie que tout adolescent normal était sensé avoir. Peut-être. Toujours est-il que de minutes en minutes, mon envie brûlante de la voir sourire croissait. Alors que le désir de la connaître un peu plus naissait.

Elle me tournait le dos, à nouveau honteuse de son comportement. C'est alors qu'un homme âgé d'une quarantaine d'année s'accroupie en face d'elle.

« Bah alors ma jolie, ton copain est pas gentil avec toi ? »
« C'est pas mon copain. »
« Oh, bah tant mieux alors. Allez viens vois dans mes bras. Toi, tu as besoin de réconfort. »

Et à ma grande surprise, elle se laissa faire. Dans un excès de faiblesse et de naïveté, elle pensait certainement qu'elle serait soutenue dans son « deuil ». Seulement, trouver une épaule où se reposer en toute confiance n'était pas chose courante. Et soudainement, alors que la jeune fille -dont j'ignorais même le prénom- se laissait entièrement aller, l'homme tourna la tête et captura ses lèvres. Comme un voleur. Ses lèvres que je souhaitais plus que tout voir s'étirer avaient été violées. Elle tenta quelques gestes de recul mais la pression de l'homme sur ses hanches était trop forte.

« Ne la touchez pas ! C'est ma copine ! »
« Menteur ! Elle m'a dit le contraire ! Puis, t'as bien vu, elle m'appartient maintenant ! »
« Je ne crois pas non ! Elle n'a pas l'air enchantée par votre proposition et encore moins par le baiser que vous venez de lui donner. Jugez-en par vous-même. Elle est totalement crispée. En plus vous avez quel âge ? 40-50 ans ? Elle à moins de la moitié de votre âge, n'avez-vous pas honte ? Vous pourriez être son père ! »
« J'les aime jeunes. »

« Sale pervers pédophile ! » dit la jeune fille totalement bouleversée.


L'homme leva alors la main sur la demoiselle qui s'essuyait les lèvres d'un revers de manche. J'intervins à nouveau, interceptant le bras de l'homme en l'air et lui mettant le plus beau coup droit de toute ma vie. Elle souriait à travers ses larmes. Les gens s'ameutaient autour de nous, comme si c'était un spectacle. Pourtant je ne les vis que plus tard. Rien d'autre ne comptait que ce sourire si impromptu, si surprenant mais si sensé. Elle souriait de toutes se dents, pas parce qu'elle avait vu les appareils photos autour de nous, essayant de capturer la moindre petite image de moi, mais parce qu'elle avait été sauvée, pour la première fois de sa vie. Quelqu'un qu'elle ne connaissait pas s'était intéressé à elle et ce que j'avais fait l'avait touché. Elle me l'avait dit après coup. Pour le moment, elle s'approcha de moi et glissa ses bras sous les miens restés ballants. L'expression de plénitude sur son visage était le plus beau des trophées. Une étreinte s'en suivit et je remarquai alors que le ciel n'était plus gris. Les nuages semblant s'être dissipés en même temps que la tristesse de ses yeux. D'ailleurs eux non plus n'étaient plus gris, mais d'un vert perçant qui me touchait au plus profond de mon être. Elle me glissa un doux « merci » à l'oreille, fit un léger bisou sur ma joue et m'entraîna d'un pas lent dans le dédale des rues hambourgeoises. Ses joues avaient légèrement rougies suite à cela et mon c½ur s'en serra d'autant plus. Elle était si naturelle, si belle. Et plus nous avancions, plus notre rythme se faisait lent. Nous redoutions tous les deux le moment de se quitter.

Elle décida alors de m'emmener dans un parc, « pour respirer de l'air pur » me dit-elle en riant. Elle riait, souriait, comme si on se connaissait depuis belle lurette. Et pourtant cela ne faisait que quelques heures, je ne savais même plus quelle heure il était. J'étais hors du temps, hors de moi, hors du personnage de Tom. Le temps avec elle me ramenait au temps d'autrefois où rien n'avait plus d'importance qu'Andreas, mon meilleur ami et Bill. Oui, avec elle j'étais moi, pour la première fois depuis des années. Elle commença à me parler d'elle, lorsqu'elle eut trouvé un coin d'herbe fraîche assez éloignée de l'ameutement de tout à l'heure. Elle s'appelait Lolle et avait 17 ans. Elle avait un grand frère qu'elle admirait beaucoup et elle me parla de lui pendant un temps indéterminé, elle était mignonne. Puis vint le sujet tant attendu. Le sujet tendu. Sa meilleure amie. Elles avaient perdu le contact au fil des années de séparation. A la fin du collège, l'une était partie dans un lycée et l'autre était allée dans celui à l'opposé de la ville. Bien sûr, elles avaient essayé par tous les moyens de ne pas perdre le fil, mais le temps à été plus fort qu'elles. Quelle injustice ! Elles étaient s½urs et passaient la majorité de leur temps ensemble et il a suffit d'un appel non passé, d'un rendez-vous loupé et de quelques manquements des deux côtés pour que des années d'amitié fusionnelle soient foutues en l'air. Et au bout de deux ans, elles avaient finis par se perdre...


« A quoi tu penses comme ça ? »
« T'arrives plus à lire en moi comme tout à l'heure ?! »
« Arrêtes c'était pas tellement dur, c'était prévisible on va dire. Maintenant que je te connais plus, j'y arrive plus. Ca marche qu'avec les inconnus. »
« Je me disais que c'était injuste que deux personnes qui s'aiment deviennent de parfaites inconnues l'une pour l'autre. Vous méritez tellement de vous retrouver, vous le mériter parce que vous avez eu la force d'entretenir un contact, la force d'y croire pendant deux années entières. Ce serait bête que vous abandonniez maintenant. »

« Ouais, mais parfois le temps perdu se rattrape pas... »

Son ton était neutre, ses yeux asséchés. Je savais que cette phrase la bouleversait mais qu'elle n'avait plus la force de ressasser le passé.

« Et tu lui as parlé au moins, t'as essayé de lui expliquer ta version des choses ? Tu lui as dit que tu ne voulais pas que votre amitié s'arrête comme ça ? Tu lui as dit ta douleur, ta peine quand elle n'était pas là ? Tu lui as dit ? Et puis tu sais, ce n'est pas parce que vous vous êtes perdues pendant un moment que vous ne vous retrouverez plus jamais. Vous avez vécu des choses ensembles, je suppose et ça, ça ne se perdra jamais. Votre amitié à des bases solides, le tout est d'y construire quelque chose de cohérent à l'avenir et non pas d'abattre les piliers. »
« Tom » dit elle en souriant avec ses yeux humides d'émotions « Tu parles comme une fille. »

Elle explosa de rire et ses larmes s'échappèrent alors, sans qu'elle ne puisse rien y faire. J'étais un peu vexé, mais vivre sans arrêt avec un jumeau m'avait convertit aux confidences et conseils permanents. Il n'y avait qu'avec lui que je pouvais être aussi patient et gentil, c'était dans ces moments là que je me sentais vraiment utiles. Je lui essuyai les joyeuses larmes qui se faisaient la mal sur ses joues. Elle attrapa alors ma main et se jeta sur moi en me faisant des chatouilles. Je ne pus m'empêcher de rire avec elle et ripostai férocement.

Je crois que j'avais percé cette carapace qu'elle avait érigée autour d'elle comme un mur d'enceinte, pour se protéger des autres, pour se protéger des larmes. Peu de personnes n'avaient du percé sa sensibilité profonde, sa meilleure amie l'avait fait. La jeune fille à fleur de peau du banc à l'angle de la rue où se trouvait mon restaurant italien préféré, s'était ouverte à moi et souriait à qui voulait la voir. J'étais aux anges. L'ange déchu avait retrouvé ses ailes et je perçus dans ses yeux une lueur de reconnaissance.

« Dis Tom, tu m'oublieras pas hein ? »

Je ne pouvais rien lui promettre, même si au fond de moi, il resterait à jamais une part d'elle et de son sourire enfantin. Je resserrai une peu plus notre étreinte, sentis le parfum de ses cheveux et lui fis un furtif bisou sur le front.

« Lolle, tu as un sourire magnifique. »



VOILAAAAAAAA Petit aperçu de mon état d'esprit actuel, pas très joyeux hein... Et encore j'ai allégé, c'était pire avant. Ouais ca va pas fort, mais ca va dirons-nous =) J'espere que ca vous plaira. Inutile de vous dire que cet Os m'a demandé du temps et beaucoup de courage. Ouais j'ai cru mourir en l'écrivant j'savais pas que j'étais capable de pleurer autant. Ouais cet Os me concerne. Enfin j'espere que ca ne me concernera plus très longtemps.

J'vous aime.
Manon.

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Merci pour les messages d'anniversaire, vous inquiétez pas ca va mieux. =)<3
[Nr. 4] Juste un sourire d'Elle

# Posté le mercredi 12 mars 2008 11:24

Modifié le vendredi 16 mai 2008 13:37

[Nr.5] Elle me l'a dit.

CA vient les jeunes un peu de patience. J'peux juste m'excuser auprès de vous mais le bac ca prend du temps =)
J'peux vous rediriger vers ma ficiton si vous ne l'avez pas lu OoliebesgeschichteoO

En attendant s'il vous vient l'envie de me noter ou juger :

POUR MA FICTION CEST
ICI
OU LA.

POUR MES OS CEST
LA OU LA.

Bisous a toutes.
Maaah'.

Un autre projet ICI

# Posté le mercredi 12 mars 2008 11:25

Modifié le dimanche 01 juin 2008 14:33